La zone à faibles émissions polluantes permet en premier lieu une réduction des pollutions aériennes. Les premières mesures effectuées en Allemagne ont révélé que la pollution par les particules fines est plus réduite dans une ZFE que sur des sites comparables dépourvus de ZFE . À Berlin, on prévoit que, dès 2010 et grâce à la ZFE renforcée, la proportion de suie de diesel (contenant les particules les plus nuisibles) pourra être abaissée d'environ 45% et que les dépassements de valeurs-limites toucheront alors 25% moins de personnes . A Genève, on s'attend à enregistrer, durant la période qui suivra l'introduction de la zone écologique, une diminution de l'ordre de 40% des émissions liées aux transports pour les PM10 et de 24% pour les NOx .
Ajoutons que la baisse de l'émission de polluants dans les ZFE profite également aux alentours, puisque c'est toute la pollution qui est réduite. En outre, les ZFE ont pour effet secondaire bienvenu d'influer sur le rajeunissement et l'amélioration du parc automobile, du point de vue de ses émissions nuisibles. En Angleterre, on s'attend ainsi à ce que les effets de la ZFE londonienne dépassent largement le Grand Londres grâce au renouvellement des véhicules. À Berlin, on constate aujourd'hui déjà que le parc automobile se révèle plus propre. Pour ce qui est des nouvelles immatriculations, le nombre de voitures fortement polluantes a reculé de près de 60% après l'introduction de la ZFE, et de près de 30% pour les véhicules utilitaires (voir article).
L'amélioration de la qualité de l'air a une incidence directe sur la santé publique. Des recherches ont été effectuées à Stockholm, ville qui combine zone à faibles émissions polluantes et péage urbain. Outre une diminution des cas de maladie et d'absences au travail, on a aussi constaté 20 à 25 décès précoces en moins par année .
Les zones à faibles émissions polluantes aboutissent - du moins à court terme - à une réduction de la circulation, du bruit et des accidents. Elles accroissent l'espace à disposition des piéton-ne-s et cyclistes. Mais comme le nombre de véhicules autorisés augmente au fur et à mesure du renouvellement du parc automobile, les ZFE ne constituent pas un moyen de diminuer le trafic à long terme. Une telle réduction peut être prolongée à condition de renforcer régulièrement les conditions d'accès. Elle peut également être encouragée par le développement parallèle des transports publics.
Les zones à faibles émissions polluantes peuvent être mises en place assez facilement et rapidement. Elles peuvent aussi être adaptées à court terme. Il est ainsi possible de modifier les conditions d'accès aux ZFE sur la base du taux de pollution atmosphérique. Lorsque cette dernière est élevée, l'interdiction de circuler dans la ZFE peut être étendue à un plus grand nombre de catégories de véhicules, par ex. les voitures individuelles et les motos. La mesure peut également être appliquée sans problème aux véhicules frontaliers et provenant d'autres pays. Bien entendu, cela est plus facile si les normes sont identiques de part et d'autre de la frontière.
La mise en place et la gestion des zones à faibles émissions polluantes est simple et peu coûteuse. La fabrication et la distribution de macarons ainsi que l'installation des panneaux de signalisation n'impliquent pas de grosses dépenses. La remise des macarons peut être assurée via des réseaux existants comme les garages, les stations-service, les associations ou l'internet. Les coûts du contrôle sont, eux aussi, limités. Des rapports établis par Hanovre, Cologne, Berlin et Stuttgart précisent que la mesure est majoritairement bien acceptée et les infractions peu nombreuses .
Les coûts peuvent être (co)financés par la vente des macarons et par les amendes. D'un point de vue macroéconomique, on peut également tenir compte de la diminution des maladies et décès précoces. Du seul point de vue de la santé en Suisse, les coûts de la pollution atmosphérique s'élèvent à 1,6 milliard de francs, dont 94%, soit 1,5 milliard de francs, sont imputables à la circulation routière.
Une telle mesure permet de préserver la population urbaine, très exposée, d'un excès de polluants toxiques et d'augmenter la pression sur les propriétaires de véhicules à moteur diesel.